• L'activité physique & l'obésité

La capacité à perdre du poids avant la chirurgie bariatrique est un des facteurs favorisant l’adhésion aux traitements et au suivi (Wimmelmann, 2014). Notamment l’engagement dans une activité physique adaptée à son état de santé contribue grandement à cette réussite post-opératoire.

L’activité physique et l’obésité

La sédentarité est définie comme « un état dans lequel les mouvements sont réduits au minimum et la dépense énergétique est à peu près égale au métabolisme énergétique au repos ».
Selon l’American College of Sports and Medicine (ACSM, 2013), les recommandations d’activité physique pour prévenir l’obésité, sont basées sur celles de la population générale, soit le cumul d’au moins 150 min/sem d’activité physique d’intensité modérée ou au moins 75min/sem d’activité physique d’intensité soutenue associé à du renforcement musculaire au moins 2 fois/sem.
Un programme de 6 mois permettrait d’améliorer la performance cardio-respiratoire ainsi que l’insulino-résistance et ferait diminuer les transaminases quel que soit la perte de poids (Ratziu et al., 2011). Un programme au long terme, d’au moins 6 moins a un effet bénéfique sur votre état de santé globale. Notamment cela améliore la qualité fonctionnelle de votre foie.
L’AP joue un rôle indéniable sur ces différents paramètres et améliore l’état de santé générale :
  • Amélioration de la qualité de sommeil et réduction du risque du SAOS (Syndr apnée obstructive du sommeil).
  • Réduction voire correction des problèmes articulaires, limitation de l’arthrose (favorise la sécrétion de synovie qui lubrifie l’articulation).
  • Gain de confiance en soi (combien je me considère capable, c’est comment je crois en mon potentiel, mes capacités), d’estime de soi (combien je me considère valable, les valeurs que je m’accorde, jugements que je fais en mon égard, en rapport avec l’image de soi) à optimisation de la QDV.
  • Prévention des comorbidités : DT2, MCV, syndrome métabolique, NAFLD, dermatoses fréquentes (pbm dermatologique : mycose des plis, cellulite, acanthosis nigricans).
L’activité physique est conseillée à tous les stades de la prise en charge chirurgicale de la personne obèse, que ce soit avant ou après une chirurgie de l’obésité (Ciangura et Oppert, 2009). Pour ce faire l’activité physique doit être adaptée aux facteurs individuels de la personne dans le but d’augmenter les bénéfices santé.
Pourquoi endosser un mode de vie actif dans son parcours de chirurgie bariatrique ?
Est-ce négligeable ou indispensable ?
Les recommandations sont basées sur le fait que le patient doit être informé et encouragé à pratiquer une activité physique régulière encadrée par des professionnels (Musso, 2013). Selon l’American College of Sport Medicine (ACSM, 2013), l’activité physique permet de maintenir une perte de poids après amaigrissement.
L’activité physique pratiquée après la chirurgie bariatrique permet d’améliorer la perte de poids et son maintien à long terme, et de prévenir la perte de masse musculaire (Musso, 2013). Ainsi, il a été montré que 41% des patients opérés d’une chirurgie bariatrique ne respectaient pas les recommandations en matière d’activité physique. Ce pourcentage est intimement lié à celui de la reprise de poids 2 ans post-opération. Il est conseillé de pratiquer une forme d’activité physique de façon régulière et habituelle. Pour mettre toutes ses chances de son côté sur le maintien de la perte de poids.
La pratique entre même dans les recommandations pré et post-chirurgicales chez les personnes obèses (King et Bond, 2012). Certains auteurs comme Livhits et al. (2010) et King et Bond (2012), ont montré que la pratique d’une activité physique est associée à des bénéfices en termes de perte de poids, de maintien de cette perte de poids, mais aussi de bénéfices sur la fonction cardiovasculaire ainsi prévient des maladies cardiaques.
Un faible niveau d’activité physique en phase préopératoire est associée à une perte de poids inférieure que si vous vous engagez dans une forme d’activité physique avant l’opération induisant une perte plus importante de masse grasse (Hatoum et al 2009).
Un faible niveau d’activité physique en phase préopératoire est associée à une perte de poids inférieure que si vous vous engagez dans une forme d’activité physique avant l’opération induisant une perte plus importante de masse grasse (Hatoum et al 2009).
La pratique de l’activité physique post-chirurgie bariatrique ne représente pas de risques majeurs pour la santé, mais nécessite un encadrement adapté et des recommandations spécifiques (King et Bond, 2012). L’activité physique a un rôle majeur sur les paramètres altérés par la chirurgie bariatrique comme la perte de masse musculaire et la diminution de la densité minérale osseuse. En termes de pathologies de l’appareil musculo-squelettique, il existe une évidence claire de l’amélioration de la douleur et de la fonction globale. Il est également clairement établi que des exercices réguliers, en particulier des exercices de renforcement musculaire des abdominaux et muscles lombaires et de proprioception chez les patients lombalgiques, permettent une amélioration des douleurs.
Une étude a démontré un bénéfice remarquable de l’activité physique sur la mortalité. Si la pratique est régulière, elle permettrait une diminution de 27% du taux de mortalité, toute cause confondue (Jolliffe et al, 2001). En outre, la prise de poids de 5% (souvent visible 2 ans post-opératoire) induit une augmentation de 30% du risque de survenue d’une hypertension artérielle. L’une des atteintes ostéo-articulaire est la gonarthrose du sujet obèse, liée aux contraintes subies par les genoux au cours de la marche (5 à 6 fois le poids du corps)
Quelles sont les principales recommandations sur la pratique d’AP et qu’est-ce que je pourrais mettre en action ?
Seulement 5% des individus opérés pour une chirurgie de l’obésité sont suffisamment actifs un an après la chirurgie (selon les recommandations de l’ACSM), pour bénéficier des bienfaits de l’activité physique sur la santé (King et Bond, 2012).
Si votre but est de favoriser une perte de poids avec les meilleurs résultats et un maintien de celle-ci sur le long terme, il est indéniable que l’activité physique a un rôle majeur. Illustration concrète avec un exemple de programme :
Au début au cours des 2 mois pré-opératoire et post-opératoires commencer avec une pratique d’intensité modérée pendant 1h30 par semaine.
Ensuite prolonger la pratique d’AP avec une régularité et un niveau d’AP progressif autrement dit tendez vers un volume d’exercice de 2h par semaine à une intensité plus élevée (essoufflement accentué). Puis pensez à combiner une pratique d’AP diversifiée pour potentialiser les bienfaits qui en découlent.
A ne pas confondre l’inactivité physique et la sédentarité :
Le temps passé en position assise (sédentarité) peut être considéré comme un facteur de risque essentiel pour le développement de maladies chroniques. Même si les 30 minutes d’activité physique quotidienne sont respectées, la position assise prolongée peut, à elle seule, entraîner des effets néfastes sur la santé. Pour y remédier, une solution simple mais quelque peu contraignant, serait d’alterner la position assise-debout toutes les 1h30 pendant une courte durée de l’ordre de 2-3 minutes (monter un étage à pieds aller-retour, faire des petits mouvements faciles à mettre en place au bureau etc…). L’élément clé serait de repenser son mode de vie en perspective d’optimiser la perte de poids induite par l’opération chirurgicale.
Sébastien LE GARF 17/04/18
Wimmelmann CL, Dela F, Mortensen EL. Psychological predictors of weight loss after bariatric surgery : review of the recent research. Obesity Research and clinical practice 2014
Sjöström L. Review of the key results from the Swedish Obese Subjects (SOS) trial – a prospective controlled intervention study of bariatric surgery. Journal of Internal Medicine 2013
Ciangura C, Oppert JM. Activité physique et contrôle pondéral. Médecine des maladies métaboliques 2009
Musso S. Activité physique et chirurgie bariatrique, synthèse des études. Diabètes & Obésité 2014
King WC, Bond DS. The importance of preoperative and postoperative physical activity counseling in bariatric surgery. Exercise and Sport Sciences Reviews 2012
JE. Donnelly & al. 2009, appropriate physical activity intervention strategies for weight loss and prevention of weight regain for adults.
RK. Evans & al. 2007, Participation in 150min/wk of moderate or higher intensity physical activity yields greater weight loss after gastric bypass surgery.
MA. Tresierras & al. 2009, Resistance training in the treatment of diabetes and obesity: mechanisms and outcomes.
Jolliffe JA, Rees K, Taylor RS, et al. Exercise-based rehabilitation for coronary heart disease. Cochrane Database Syst Rev 2001
Hatoum IJ, Stein HK, Merrifield BF, et al (2009) Capacity for physical activity predicts weight loss after Roux-en-Y gastric bypass. Obesity
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Dr Nicolas Cardin
CHIRURGIE VISCÉRALE ET OBÉSITÉ

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